Dix autres Européens - les six membres français de l'ONG, les trois stewards espagnols et le pilote belge de l'avion qui devait acheminer en France 103 enfants africains - restent inculpés et écroués pour enlèvement ou complicité.
L'avion du président français se posera aux alentours de 21h00 locales sur un aéroport militaire de Madrid pour y déposer les hôtesses avant de repartir pour l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, où il est attendu vers 23h45 locales, fait savoir l'Elysée.
Lors d'une conférence de presse à N'Djamena avec le président tchadien Idriss Déby, Nicolas Sarkozy a manifesté sa préférence pour que les membres de l'ONG détenus au Tchad soient jugés en France, tout en se défendant de toute ingérence.
"Il est assez normal (que le président français) souhaite que des ressortissants français puissent être jugés dans leur pays", a-t-il déclaré.
Sarkozy a souligné que des accords de 1976 entre les deux pays permettaient que les six humanitaires toujours détenus soient jugés en France. "C'est à la justice de nos deux pays d'en décider", a-t-il dit.
Ajoutant qu'un juge français viendrait "vraisemblablement au Tchad", il a espéré une solution "le plus rapidement possible, en terme de semaines".
Le chef de l'Etat a cependant souligné que le président Idriss Déby avait "aussi ses propres contraintes" et qu'il devait "en tenir en compte."
SOULAGEMENT
Idriss Déby a rejeté l'existence de pressions en faveur de la libération des sept Européens le jour de la visite de son homologue français.
"Les magistrats ont procédé dans le respect de leur indépendance jusqu'à parvenir à la libération des hôtesses de l'air qui ne sont pour rien dans cette affaire", a-t-il dit.
"Les journalistes (...) ont coopéré avec la justice et s'ils ont été libérés, c'est parce qu'ils se sont défendus."
Ces trois reporters, attendus en France dans la soirée, sont le photographe de l'agence Capa Marc Garmiran, celui de l'agence Synchro X Jean-Daniel Guillou et Marie-Agnès Peleran, de France 3 Méditerranée.
"Je vais bien, ils m'ont bien traité", a déclaré Guillou après sa sortie de la maison d'arrêt de N'Djamena sous escorte militaire et son transfert par autocar au palais de justice où sa libération a été formellement prononcée.
Peleran a dit son "soulagement" tout en ayant une "pensée" pour ceux qui restent et encourent théoriquement des peines de cinq à 20 ans de travaux forcés. "Il ne faut pas les oublier".
A Paris, environ 300 personnes ont participé dans l'après-midi à une marche silencieuse en soutien aux membres de "L'Arche de Zoé" détenus au Tchad.
"Faites rentrer nos familles", ou "Ne les laissons pas tomber", indiquaient des pancartes brandies par des manifestants. D'autres tenaient des fleurs blanches à la main.
EQUIPEE "LAMENTABLE"
A N'Djamena, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que "cette équipée assez lamentable" n'avait "rien à voir" avec le déploiement dans les prochaines semaines de la force européenne au Tchad (Eufor), à la frontière avec le Darfour soudanais.
"Je reviendrai à N'Djamena en février pour une visite politique (...) Je viendrai au Tchad et j'irai ensuite en Afrique du Sud", a ajouté le président français.
Idriss Déby a rejeté pour sa part l'argument selon lequel il aurait voulu utiliser cette affaire pour "faire monter les enchères" ou faire obstacle à l'arrivée de la force Eufor.
"Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est à la demande du Tchad depuis 2003 et avec le concours du gouvernement français que nous avons pu obtenir l'arrivée de ces forces au Tchad", a-t-il affirmé. "Il n'a jamais été question pour le président Déby d'un refus quelconque de l'arrivée des forces européennes."
L'affaire, outre qu'elle a embarrassé les relations entre la France et le Tchad, a pris un tour politique en France à propos du rôle des autorités, qui étaient au courant des intentions de l'Arche de Zoé mais ne sont pas parvenues à interrompre l'opération.
Le Premier ministre François Fillon a demandé samedi aux ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Bernard Kouchner et Hervé Morin, d'établir dans un délai d'un mois un rapport d'enquête sur les circonstances qui ont permis à l'association de dissimuler ses agissements au Tchad.
Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a souhaité qu'une mission d'information parlementaire fasse la lumière sur cette affaire.
Mon avis
Moi j'ai trouvé ça très courageux de la part de Nicolas Sarkozy.Que l'on soit sarkoziste ou non,on est
tout de même forcé de reconnaître que c'est sans doute le premier président de France depuis longtemps à tout faire pour aider ses compatriotes en situation délicate à l'étranger.
En effet,lorsqu'un chalutier de marins français avait heurté une mine qui avait ensuite explosé,les
marins se sont sentis "abandonnés par l'Etat français."
Beaucoup d'autres récits semblables à celui-là montrent que l'Etat français a hélas souvent délaissé ses ressortissants.
Quant à l'affaire de l'Arche de Zoé,il y a plusieurs points qui m'intriguent:
_Comment ces personnes ont-elles pu se laisser filmer en train de faire de fausses blessures aux petits Tchadiens?
_Ces enfants viennent-ils vraiment du Darfour,alors qu'ils avaient l'air en meilleure santé que les petits réfugiés soudanais(n'oublions pas que c'est la guerre qui sévit là-bas...)?
Je suis convaincu qu'ils ont voulu bien faire en sauvant ces enfants de la misère.
Après tout,l'enfer est pavé de bonnes intentions!
Et vous?Votre avis?Vos réactions?



