Bucarest . Le président russe s'est dit prêt hier à coopérer en laissant transiter sur son territoire du matériel non militaire de l'Alliance à destination de l'Afghanistan.
Roumanie, envoyé spécial.
Dernière journée du sommet de l'OTAN et invité de la dernière heure, le président russe Vladimir Poutine. Mais une première en fait, puisque jamais auparavant un chef d'État russe n'avait été convié à la grand-messe de l'Alliance, bien que, en 2002, lors du sommet de Rome, ait été constitué un Conseil OTAN-Russie.
la conquête de l'Est continue
L'invitation faite à Poutine, alors que les relations entre les dirigeants occidentaux et la Russie traversent une zone de turbulences, visait à montrer que ni l'entrée programmée dans l'OTAN de l'Ukraine et de la Géorgie, ni le dispositif antimissile américain devant être installé en Pologne et en République tchèque, ne doivent être compris comme une quelconque menace contre Moscou. Les conversations entre le chef du Kremlin et le locataire de la Maison-Blanche doivent se prolonger aujourd'hui dans un cadre plus riant que le monumental Parlement roumain, sous le soleil de Sotchi, sur la mer Noire.
Vladimir Poutine ne peut cependant se satisfaire du compromis obtenu sur l'élargissement. Pour l'OTAN, en effet, la conquête de l'Est continue. Hier matin, le président ukrainien Viktor Youtchenko était tout sourire lors de sa conférence de presse qu'il tenait en compagnie du secrétaire général de l'OTAN, Jaap De Hoop Scheffer. « J'approuve totalement la déclaration du sommet », a-t-il déclaré aux journalistes.
Le texte est très clair : « Aujourd'hui, nous avons décidé que ces deux pays deviendraient membres de l'OTAN. » Et le secrétaire général de l'Alliance d'enfoncer le clou : « C'est sans ambiguïté, c'est écrit noir sur blanc, l'Ukraine et la Géorgie deviendront membres de l'OTAN. Quand ? Cela pourrait aller plus vite que prévu. »
S'achemine-t-on vers un compromis ?
Certes, l'entrée dans le partenariat pour l'adhésion n'a pas été accordée, unique nuance avec la demande initiale de George W. Bush. Mais ce report de la décision n'émeut pas outre mesure le leader de la « révolution orange ». Si le MAP est l'antichambre obligée avant l'adhésion formelle, il peut être une fastidieuse salle d'attente. Iouchtchenko faisait observer que certains pays ont attendu près de dix ans au sein du MAP.
Pour Kiev et Tbilissi, une première évaluation sera effectuée par les ministres des Affaires étrangères des États membres en décembre prochain. À l'égard de Moscou, Iouchtchenko s'est montré rassurant, affirmant que l'adhésion de son pays ne serait pas dirigée contre son voisin russe.
Vladimir Poutine s'est adressé aux dirigeants des pays de l'OTAN dans la matinée. Il a évoqué le système antimissile américain au parfum de guerre froide. Le regain de tension avait entraîné la suspension par Moscou du processus de réduction des forces conventionnelles, le traité FCE. « Nous sommes prêts à revenir au traité mais nous attendons que l'OTAN fasse aussi un pas », a dit le président russe. S'achemine-t-on vers un compromis ?
Paradoxe, c'est un président russe, venu rencontrer les 26 chefs d'État et de gouvernement - à la notable exception près de Nicolas Sarkozy reparti depuis la veille -, qui est apparu comme la vedette de la réunion bucarestoise. Détendu, se posant en partisan d'un dialogue « ouvert et constructif », Vladimir Poutine s'est déclaré ouvert à la coopération. Pour preuve, l'autorisation du transit par le territoire russe du matériel non militaire à destination des troupes de l'OTAN en Afghanistan.
Abordant le dossier de l'élargissement, il s'est inquiété : « Un bloc militaire à nos frontières constituerait une menace pour la sécurité de la Russie. » Poutine semble néanmoins prêt à un dialogue en avertissant les pays membres : « Notre coopération dépendra de la façon dont l'OTAN tiendra compte des intérêts de la Russie. »
Jean-Paul Piérot
Mon avis
Je pense que la Russie est contre le fait que la Géorgie et l'Ukraine entrent dans l'OTAN parce qu'elle verra sa
sphère d'influence se réduire et l'américanisme gagner du terrain.
Personnellement,je ne suis pas fan de l'OTAN,je trouve que c'est surtout un soutien aux Etats-Unis et une manière de se vendre un peu à la politique américaine.Charles de Gaulle s'en est retiré,et ce n'était pas pour rien.
Bref,si Kiev et Tbilissi décident d'entrer dans l'OTAN,libres à eux,mais il ne faudrait pas qu'ils viennent après se plaindre où réclamer quoique ce soit à la Russie,sinon ce sera encore une guerre diplomatique à la clé.
Et vous,votre avis sur l'OTAN?
N'hésitez pas à vous exprimer,tous les avis sont acceptés et respectés,tant qu'ils sont non violents et sans haine.



