Voilà une nouvelle que j'ai apprise ce matin même,et qui m'a profondément bouleversé:
Alexandre Soljenitsyne,auteur et grande figure de la littérature russe,s'est éteint dans la nuit de dimanche à lundi.
Celui qui avait écrit son superbe "L'Archipel du Goulag" ne pourra désormais plus commenter l'évolution de la
Russie.
Je vous mets ici les réactions de son épouse Natalia Soljenitsyna,de Vladimir Poutine,de Nicolas Sarkozy,de
Mikhaïl Gorbatchev,de François Fillon,de Rama Yade,de Christine Albanel,d'Angela Merkel,de Rama Yade et de Bruno Gollnisch.
Si jamais je vous déniche d'autres réactions de personnalités politiques,je vous les mettrai immédiatement.
Natalia Soljenitsyna: "Il a vécu une vie difficile mais heureuse. Nous avons été heureux", a raconté l'épouse de l'écrivain.
"Dès que la date et le lieu des funérailles seront connus, nous les communiquerons à tous ceux qui ne le connaissaient pas personnellement mais voudraient lui rendre hommage", a-t-elle précisé.
Nicolas Sarkozy:Pour le chef de l'Etat, Soljenitsyne était "l'une des plus grandes consciences de la Russie du XXe siècle". Il ajoute que c'est lui "qui ouvre les yeux du monde sur la réalité du système soviétique, en conférant à son expérience une portée universelle.
Refusant de quitter son pays pour mieux dénoncer les agissements du pouvoir, il fait paraître au péril de sa vie Le pavillon des cancéreux puis L'archipel du goulag, qui sont autant d'actes de résistance à l'oppression.
Son intransigeance, son idéal et sa vie longue et mouvementée, font d'Alexandre Soljenitsyne une figure romanesque, héritière de Dostoïevski. Il appartient au panthéon de la littérature mondiale. Je rends hommage à sa mémoire."
Vladimir Poutine: Le Premier ministre russe a déclaré que "la mort d'Alexandre Soljenitsyne est une grande perte pour toute la Russie. Nous sommes fiers de l'avoir eu comme compatriote et contemporain."
Mikhaïl Gorbatchev: L'ancien président soviétique a salué en Alexandre Soljenitsyne, un "homme au destin unique" qui fut "l'un des premiers à dénoncer à voix haute le caractère inhumain du régime stalinien et de ceux qui l'ont connu mais n'ont pas été brisés.
Alexandre Soljenitsyne a traversé des épreuves difficiles comme des millions de citoyens du pays."
Angela Merkel: La chancellière allemande "a pris connaissance de la nouvelle de sa mort avec une grande consternation et adressé ses condoléances au président russe Dimitri Medvedev."
Le prix Nobel de littérature a été un "grand et important écrivain, un citoyen engagé (...), un moraliste, un combattant de l'arbitraire qui n'avait pas peur et qui s'est engagé pour les droits de l'Homme", a-t-elle souligné.
Philippe de Villiers:le Président du MPF a tenu a rendre hommage au grand auteur russe,et est le seul officiel français qui se soit rendu en Russie pour assister à l'enterrement de Soljenitsyne (merci à mythologygrek pour le renseignement!)
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François Fillon: Le Premier ministre a appris "avec une vive émotion" la mort du "grand romancier dissident russe" qui a, "par ses ouvrages [...], révélé la réalité du totalitarisme stalinien et du monde concentrationnaire". Nous rappelant son histoire, le ministre ajoute qu' "éxpulsé d'URSS, privé de sa citoyenneté soviétique, condamné à l'exil, Alexandre Soljenitsyne restera aux yeux du monde un écrivain politique engagé."
Christine Albanel: La ministre de la Culture et de la Communication rend hommage à l' "un des plus grands écrivains que la Russie contemporaine ait donné au monde".
Avec Alexandre Soljenitsyne, disparu hier à l'âge de 89 ans, s'éteint une voix qui s'éleva il y a plus de soixante ans, dès la fin de la seconde guerre mondiale, pour dénoncer les crimes du stalinisme, et que rien ne put ensuite éteindre... Il appartient à l'histoire et à la philosophie politique de discuter de ce qu'il pouvait y avoir dans cette voix d'archaïque, voire, parfois, de réactionnaire. Cette voix fut celle de la liberté", écrit la ministre dans un communiqué. "Elle fut celle de la libération de tout une part de l'humanité. Plus peut-être que tout autre dans la période contemporaine, Soljenistsyne fit de la plus haute littérature une arme capable de faire s'effondrer les murs".
Rama Yade: La secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme salue un "immense écrivain dont la voix et la conscience ont illuminé en le dénonçant l'univers concentrationnaire soviétique. Cet écrivain de la liberté, au souffle prophétique, dont les cycles romanesques ont charrié le rêve inflexible de l'homme contre les pouvoirs totalitaires qui oppressent, aura su incarner l'âme russe et européenne et cet idéal humaniste qui est à la source de tout universalisme".
Bruno Gollnisch: Pour le délégué général du Front National et député européen, "la mort du grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, Prix Nobel de littérature, rappellera du moins son existence à bien des médias occidentaux, qui n'avaient pas attendu cet événement pour l'enterrer. Il a dérangé par sa révélation de l'horreur du communisme dans ses remarquables fresques historiques, ses romans, ses essais."
Voici maintenant la suite de l'article,avec une biographie détaillée de Soljenitsyne,trouvée sur le Monde.
Bien qu'il ait contribué plus que n'importe qui à éveiller l'Occident aux réalités oppressives de l'Union soviétique, Alexandre Soljenitsyne n'était pas un dissident comme les autres. Il ne se considérait d'ailleurs pas comme l'un des leurs. Il leur reprochait de vouloir réformer le communisme alors qu'il souhaitait sa destruction. Pendant les rares années passées en liberté en URSS, il est resté un solitaire, la solitude étant, selon lui, la condition de la production littéraire. Rien n'illustre mieux ses rapports avec la dissidence que ses relations avec Andreï Sakharov. Le zek (prisonnier du goulag) et l'académicien. Difficile d'imaginer deux personnalités plus symboliques et plus opposés. Soljenitsyne représentait la tradition russe. Sakharov l'ouverture aux valeurs universelles des droits de l'homme. Ils se sont croisés au début des années 1970, quand l'écrivain, redevenu un quasi-paria après le court dégel khrouchtchévien, s'était réfugié à Joukovka, dans la banlieue ouest de Moscou, dans la datcha de son ami, le musicien Mstislav Rostropovitch.
Soljenitsyne ne cachait pas son désaccord avec Sakharov, qui défendait une conception moderne de la Russie. Il était étonné de voir le père de la bombe H soviétique, un moment couvert d'honneurs, passer dans le camp des opposants : "L'inventeur de la plus terrible arme de destruction de notre siècle, soumis à l'impérieux mouvement de la conscience mondiale et de la conscience russe, traditionnellement tournée vers la souffrance, sous le poids de nos péchés communs à tous et à chacun d'entre nous, a abandonné le large confort qui lui était assuré et qui perd tant de gens aujourd'hui de par le monde, pour se dresser devant la gueule de la violence toute-puissante." Mais quand il pensait à l'avenir de sa chère Russie, c'est dans le passé qu'il le trouvait. Il avait peur qu'en s'effondrant le communisme provoque autant de ravages qu'en s'imposant, en 1917. Quand il rentre au pays, en 1994, il est convaincu que ses craintes sont justifiées. Il a attendu trois ans après la fin de l'URSS pour revenir, parce qu'il voulait une réhabilitation totale, qui passait par la publication, à Moscou, de toutes ses œuvres. Il a d'abord posé le pied en Extrême-Orient russe, à Magadan, le haut lieu de L'Archipel du goulag. Un témoignage de la douleur et du courage, de la fidélité aux valeurs fondamentales de la paysannerie russe représentante du peuple, qu'il oppose aux "billevesées occidentales" sur les droits de l'homme.
S'il ne voulait être ni un prophète ni un intellectuel de cour, il ne dédaignait pas de prodiguer quelques conseils. Tourner le dos au communisme honni ne signifiait pas, pour lui, adopter le capitalisme à l'occidentale, la propriété privée, le pluralisme et la liberté de la presse, ce "flot insupportable d'informations superflues". Il revendiquait le "droit au silence", celui dans lequel il avait travaillé au camp, en relégation ou en exil aux Etats-Unis.
Son modèle était le zemstvo, les assemblées locales et régionales de la Russie du XIXe siècle, une forme de démocratie directe, proche du peuple, où les décisions étaient prises à main levée par les hommes. Une pyramide d'assemblées devait, selon lui, aboutir à un Parlement national qui aurait aussi compté quelques personnalités choisies pour leur compétence et leur moralité. Le président aurait été élu au suffrage universel direct, sans l'intervention des partis. Soljenitsyne trouvait ses références dans les auteurs slavophiles du XIXe et du début du XXe siècle.
Vladimir Poutine correspondait-il au type de dirigeant soutenu par le peuple ? Les deux hommes avaient eu une conversation privée en 2000. Soljenitsyne s'était montré critique sur la première guerre de Tchétchénie, considérant que la Russie perdait sa substance dans la défense vaine d'un empire coûteux. Il approuva cependant la fermeté du Kremlin dans la deuxième, contre des rebelles musulmans fanatiques, dans lesquels il voyait une menace pour l'orthodoxie. Il était partisan d'une "Union russe" qui aurait regroupé, outre la mère patrie, la Biélorussie, le nord du Kazakhstan, peuplé majoritairement de Russes, et l'Ukraine, qu'il exhortait à ne pas quitter le giron de la Sainte Mère Russie. Il est mort orphelin sans que son plaidoyer pour un retour aux sources ait été vraiment entendu.
Mon avis
Мир ему! Именно большой автор, его воспоминание не погибало никогда!
Traduction:paix à lui!C'était un grand auteur,que son souvenir ne périsse jamais!