L'Irlande dit "non" à la Constitution:et après?

L'Irlande dit "non" à la Constitution:et après?
Faire une croix sur le traité de Lisbonne ou parier sur un nouveau référendum en Irlande ? Les dirigeants de l'UE penchent déjà pour la deuxième solution. Les « nonistes » ne sont pas contre mais... avec un autre traité.
Il faut « continuer le processus de ratification » du traité « de façon à ce que l ' incident irlandais ne devienne pas une crise » , a martelé hier le président français Nicolas Sarkozy. La victoire du « non » , à plus de 53 % des voix, constitue certes « une difficulté de plus » mais n ' est pas un « hasard » , a-t-il estimé, appelant à « changer notre façon de faire l 'Europe » , que beaucoup d ' Européens ne « comprennent pas » . Le sommet européen des 19 et 20 juin , à quelques jours de la prise de fonction française à la tête de l'Union européenne, sera l'occasion pour les autorités irlandaises de livrer leur analyse sur leur vote. Et pour les autres états membres de tenter de surmonter cet incident de parcours qui pourrait briser l'élan des ratifications.
« Pas d'autre solution »
Le secrétaire d 'État français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a estimé hier qu ' il n'y avait « pas d 'autre solution » qu 'un nouveau vote des Irlandais .
Dublin, les débats portaient également hier sur cette possibilité d 'un second référendum. En 2001, les Irlandais avaient déjà dit « non » au traité européen de Nice mais le gouvernement avait décidé d 'organiser un nouveau vote, un an plus tard, après avoir obtenu des garanties de Bruxelles sur le respect de la neutralité militaire de l ' île. Le « oui » l 'avait alors emporté. Interrogé sur la possibilité d ' un second vote, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a déclaré dès vendredi soir à la télévision « ne rien exclure » . Declan Ganley, figure de proue des « nonistes » , n 'a pas rejeté cette idée d' un second vote à la condition qu 'il porte sur un nouveau traité .

Rien au 1er janvier 2009


Cette option d'un second vote ressemble fort malgré tout à un casse-tête. « Le risque pour l 'Europe et l'Irlande... est de faire encore plus de dégâts », a déclaré hier le secrétaire d 'État à l 'Intégration, Conor Lenihan . Enfin, dans cette hypothèse de nouveau référendum, les autorités ne pourraient pas cette fois-ci, comme elles l 'avaient fait en 2001, justifier ce vote avec une faible participation alors que vendredi elle a dépassé les 53 %. Une seule chose est certaine, si le traité de Lisbonne « n'est pas mort », comme le rappelait vendredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il est clair qu'il « n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009 » , comme initialement prévu, d'après le Premier ministre luxembourgeois , Jean-Claude Juncker.


Mon avis


Ce nouveau vote irlandais changerait-il vraiment quelque chose?
L'Irlande vient de prouver avec son "non" que tous les peuples ne sont pas pour l'Union Européenne à 100%.
Déjà,l'Europe est selon moi pour le moment surtout un gros avantage pour les "Grands" des nations (patrons,
industriels,politiciens...)mais qu'apporte-t-elle au peuple?
Je ne suis pas antieuropéen,loin de là,mais il faut que l'Europe sache qu'elle a des limites dans les affaires de ses membres et elle doit plus s'occuper de la population,et pas seulement des riches patrons.
Ce traité devrait être modifié et réanalysé à la loupe,sans précipitations et avec sagesse.

# Posté le dimanche 15 juin 2008 12:34

La neutralité des médias,essentielle pour informer correctement

La neutralité des médias,essentielle pour informer correctement
"Un adolescent juif a été agressé par une bande de cinq jeunes..." "le NON irlandais au traité de Lisbonne déstabilise l'ensemble de l'Europe..." "Un nouvel attentat en Algérie..."
Voilà quelques exemples d'informations parmi les milliers circulant chaque jour dans les médias internationaux.Les gens s'informent.Bien.Mais attention,attention,la politique veille.

La neutralité des médias est-elle respectée dans l'ensemble des différents journaux,sur l'ensemble des chaînes de télévision,avec l'ensemble des journalistes?

Selon moi,la réponse est non.Les journaux où l'information est dictée de façon exacte,neutre et apolitique sont plutôt rares.Et les journalistes savent bien pourquoi.Comment indigner,choquer,pousser à bouts une population si on ne résume que les événements se produisant dans le monde?
Comment faire en sorte d'obtenir ce que l'on désire si le peuple reste calme?

Pourtant,la non-neutralité des journaux n'amène que des désastres.Prenons un exemple avec le journal
d'extrême-gauche Marianne.Il répète sans cesse que nous vivons dans une dictature où la répression policière
règne dans tous les coins.Bien évidemment,il formule cela de façon assez peu subtile.Il prend plaisir à critiquer le gouvernement sans réelle justification,sans vraiment donner d'informations exactes au lecteur qui,complètement perdu,approuvera sans se poser de questions.
Et ainsi Marianne arrivera à son but:influencer la masse et la diriger comme elle le souhaite.

Un autre exemple,de droite cette fois,avec le journal le Choc du Mois,pas vraiment neutre non plus,mais
qui n'est pas aussi "terrible" ou "catastrophique" que certains pourraient le penser.

Libération,bien évidemment de gauche,ne respecte pas toujours la neutralité non plus,mais qui propose aussi
de très bons articles (notamment sur les scandales politiques,de quelque parti qu'il soit) et qui n'est pas un
"communiste pur et dur."

Je parle aussi du Figaro,qui est de droite,et qui pouvait être très neutre sur certains articles et catastrophique sur d'autres (je pensais l'avoir rajouté mais apparemment non!) et le Point,qui propose parfois des articles
intéressants.
Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo ne sont pas mals non plus pour dénicher de bons scandales (surtout
financiers)

Les journaux les plus neutres selon moi pour le moment seraient l'Express,le Nouvel Obs,le Monde et aussi
le Courrier International.

Mon journal préféré est Diplomatie,excellemment documenté sur toute la géopolitique mondiale.
Les journaux français que je lis le plus sont Courrier International,le Nouvel Obs,le Monde et l'Express.
Question télévision,je conseille vivement de laisser tomber TF1 et de regarder les informations de France 2,
beaucoup plus neutres,plus agréables et bien mieux présentées.France 3 est également intéressante.


Quelle dommage de constater que les journalistes,au lieu de profiter de leurs pouvoirs pour aider les gens,
l'utilisent à des fins machiavéliques,dans l'unique but de devenir encore plus puissants et influents!

La liberté de la presse est une chose essentielle pour les médias,mais n'oubliez pas que l'endoctrinement
n'est pas seulement présent dans les dictatures.Il est partout,vous guette,et lorsque vous vous en rendez compte,c'est déjà trop tard....Le monde aura souffert une fois de plus.

Attention donc,étudiez bien un article avant d'approuver corps et âme à son contenu,de quelque journal qu'il provienne!








# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:09

Modifié le mercredi 13 août 2008 10:26

Ingrid Bétancourt:une femme LIBRE!!!

Ingrid Bétancourt:une femme LIBRE!!!
Le sort d'Ingrid Betancourt a mobilisé pendant six ans les plus hauts sommets de l'Etat français mais aussi artistes, associations et personnalités de tous bords, faisant d'elle une icône en France et le symbole du drame des quelque 3.000 otages en Colombie..

Le président Nicolas Sarkozy avait fait de la libération de la Franco-colombienne une "priorité" de son action diplomatique et l'avait élevée au rang de "cause nationale".

Droite et gauche ont fait cause commune pour Ingrid Betancourt. Des portraits géants de l'otage ont été accrochés aux façades de nombreux édifices publics dont ceux de dizaines de mairies, comme à Paris, et de conseils régionaux.

L'ancienne candidate écologiste à la présidentielle en Colombie a été faite citoyenne d'honneur de nombreuses villes françaises pour qu'elle ne soit pas oubliée.

Une pétition a réuni près de 600.000 signatures pour une solution négociée au conflit en Colombie.

Au début de cette semaine, un portrait d'Ingrid Betancourt a même été hissé au sommet du Mont Blanc, dans les Alpes françaises.

Rares sont ceux en France qui ne connaissent pas son nom et le visage de ses enfants, Mélanie et Lorenzo Delloye, qui avaient 16 et 13 ans lorsqu'elle a été enlevée le 23 février 2002 par la guérilla des Farc.

Ils sont devenus le fer de lance de la mobilisation pour la libération de leur mère et des autres otages en Colombie, pays déchiré par une guerre civile qui ne dit pas son nom.

"La mobilisation a été extraordinaire en France et dans d'autres pays comme en Belgique ou en Italie. Il y a eu tellement de personnes qui se sont levées et qui ont montré aux politiques qu'il fallait bouger", a dit à l'AFP Mélanie Delloye.

Parmi eux des artistes et écrivains, comme Marek Halter, Robert Hossein ou encore le prix Nobel de la paix Elie Wiesel qui a préfacé un livre reprenant la dernière lettre de l'otage, parvenue à la famille en décembre.

Le chanteur Renaud a écrit une chanson, "Dans la jungle", largement diffusée par les radios et devenue "l'hymne" de cette mobilisation.

Deux comités de soutien, devenus rivaux, ont multiplié les opérations --marche blanche, concerts, pétitions, déclarations-- mobilisant sans relâche et obtenant un large relais dans les médias en France, en Belgique, en Colombie.

La famille a reçu des milliers de messages de soutien. "Vous ne pouvez pas savoir le nombre de personnes qui m'approchent dans la rue et qui ont les larmes aux yeux", témoigne la soeur de l'otage, Astrid Betancourt.

Pasionaria, elle devient pour beaucoup une "femme courage", rebelle jusqu'au bout face à ses geôliers, une image renforcée par les témoignages d'ex-otages libérés. D'autres se demandent pourquoi la France se mobilise pour elle, alors qu'une autre franco-colombienne prise en otage en 2001, Aïda Duvaltier, est morte dans une quasi-indifférence.

La dernière vidéo où Ingrid Betancourt apparaîssait très amaigrie et déprimée avait soulevé une grande émotion en France.

"Au début personne ne la connaissait. Puis elle est devenue le symbole de la tragédie de la vie d'otage et ses enfants symbole de courage", résume Hervé Marro, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt .

C'est "une icône et le symbole du combat pour les droits de l'homme", renchérit le vice-président de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (FICIB), Olivier Roubi.

La libération d'Ingrid Betancourt, "c'est l'aboutissement de six années de lutte, qui ont marché. C'est un combat qui mérite d'être mené jusqu'au bout. Cela montre qu'il ne faut jamais abandonner", a dit mercredi Lorenzo Delloye.

Mon avis


Alors,chers internautes de tous partis politiques confondus,voilà une chose sur laquelle nous pourrons tous nous mettre d'accord!Ingrid Bétancourt est enfin libre,et nous sommes heureux pour elle!
Paix à cette grande femme,qui a tant enduré,tant souffert pendant six longues années!Et paix à ses enfants qu'elle n'aura hélas pas pu voir grandir!
C'est une bataille gagnée contre la guerre de la prise d'otages,une bataille gagnée contre la violence,une
bataille gagnée pour la paix!!!


Vive Ingrid Bétancourt,vive la paix!!

# Posté le jeudi 03 juillet 2008 03:11

Parenthèse n°3:mes vacances!

Parenthèse n°3:mes vacances!
Bonjour à tous!

Je tiens d'abord à expliquer les raisons de mon absence,que j'avais oublié d'écrire sur mon blog.
J'étais tout simplement en vacances en Scandinavie (en grande partie en Norvège),ainsi qu'en Allemagne du
Nord.


Aujourd'hui je suis de retour,mais demain je repars,cette fois-ci en Provence,pour deux semaines.
Mon retour définitif sera vers le 3 Août,donc ne vous étonnez pas s'il n'y a pas de mises à jour pendant tout ce temps!

Sinon je suis complètement désoeuvré en matière d'actualité (on ne capte pas France Infos au fin fond de la Norvège XD),donc si jamais vous voulez me rappeler un événement qui s'est déroulé pendant mon absence,
n'hésitez surtout pas,je vous en serai très reconnaissant!

Enfin je remercie tout le monde pour ce flot de commentaires que j'ai reçu aujourd'hui!


Bonnes vacances et que la paix soit avec vous!

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 07:37

Modifié le dimanche 03 août 2008 12:45

La mort d'Alexandre Soljenitsyne:un grand auteur russe s'en va..... :(

La mort d'Alexandre Soljenitsyne:un grand auteur russe s'en va..... :(
Voilà une nouvelle que j'ai apprise ce matin même,et qui m'a profondément bouleversé:
Alexandre Soljenitsyne,auteur et grande figure de la littérature russe,s'est éteint dans la nuit de dimanche à lundi.
Celui qui avait écrit son superbe "L'Archipel du Goulag" ne pourra désormais plus commenter l'évolution de la
Russie.

Je vous mets ici les réactions de son épouse Natalia Soljenitsyna,de Vladimir Poutine,de Nicolas Sarkozy,de
Mikhaïl Gorbatchev,de François Fillon,de Rama Yade,de Christine Albanel,d'Angela Merkel,de Rama Yade et de Bruno Gollnisch.
Si jamais je vous déniche d'autres réactions de personnalités politiques,je vous les mettrai immédiatement.




Natalia Soljenitsyna: "Il a vécu une vie difficile mais heureuse. Nous avons été heureux", a raconté l'épouse de l'écrivain.

"Dès que la date et le lieu des funérailles seront connus, nous les communiquerons à tous ceux qui ne le connaissaient pas personnellement mais voudraient lui rendre hommage", a-t-elle précisé.

Nicolas Sarkozy:Pour le chef de l'Etat, Soljenitsyne était "l'une des plus grandes consciences de la Russie du XXe siècle". Il ajoute que c'est lui "qui ouvre les yeux du monde sur la réalité du système soviétique, en conférant à son expérience une portée universelle.

Refusant de quitter son pays pour mieux dénoncer les agissements du pouvoir, il fait paraître au péril de sa vie Le pavillon des cancéreux puis L'archipel du goulag, qui sont autant d'actes de résistance à l'oppression.

Son intransigeance, son idéal et sa vie longue et mouvementée, font d'Alexandre Soljenitsyne une figure romanesque, héritière de Dostoïevski. Il appartient au panthéon de la littérature mondiale. Je rends hommage à sa mémoire."

Vladimir Poutine: Le Premier ministre russe a déclaré que "la mort d'Alexandre Soljenitsyne est une grande perte pour toute la Russie. Nous sommes fiers de l'avoir eu comme compatriote et contemporain."

Mikhaïl Gorbatchev: L'ancien président soviétique a salué en Alexandre Soljenitsyne, un "homme au destin unique" qui fut "l'un des premiers à dénoncer à voix haute le caractère inhumain du régime stalinien et de ceux qui l'ont connu mais n'ont pas été brisés.

Alexandre Soljenitsyne a traversé des épreuves difficiles comme des millions de citoyens du pays."

Angela Merkel: La chancellière allemande "a pris connaissance de la nouvelle de sa mort avec une grande consternation et adressé ses condoléances au président russe Dimitri Medvedev."
Le prix Nobel de littérature a été un "grand et important écrivain, un citoyen engagé (...), un moraliste, un combattant de l'arbitraire qui n'avait pas peur et qui s'est engagé pour les droits de l'Homme", a-t-elle souligné.


Philippe de Villiers:le Président du MPF a tenu a rendre hommage au grand auteur russe,et est le seul officiel français qui se soit rendu en Russie pour assister à l'enterrement de Soljenitsyne (merci à mythologygrek pour le renseignement!)

.

François Fillon: Le Premier ministre a appris "avec une vive émotion" la mort du "grand romancier dissident russe" qui a, "par ses ouvrages [...], révélé la réalité du totalitarisme stalinien et du monde concentrationnaire". Nous rappelant son histoire, le ministre ajoute qu' "éxpulsé d'URSS, privé de sa citoyenneté soviétique, condamné à l'exil, Alexandre Soljenitsyne restera aux yeux du monde un écrivain politique engagé."

Christine Albanel: La ministre de la Culture et de la Communication rend hommage à l' "un des plus grands écrivains que la Russie contemporaine ait donné au monde".
Avec Alexandre Soljenitsyne, disparu hier à l'âge de 89 ans, s'éteint une voix qui s'éleva il y a plus de soixante ans, dès la fin de la seconde guerre mondiale, pour dénoncer les crimes du stalinisme, et que rien ne put ensuite éteindre... Il appartient à l'histoire et à la philosophie politique de discuter de ce qu'il pouvait y avoir dans cette voix d'archaïque, voire, parfois, de réactionnaire. Cette voix fut celle de la liberté", écrit la ministre dans un communiqué. "Elle fut celle de la libération de tout une part de l'humanité. Plus peut-être que tout autre dans la période contemporaine, Soljenistsyne fit de la plus haute littérature une arme capable de faire s'effondrer les murs".

Rama Yade: La secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme salue un "immense écrivain dont la voix et la conscience ont illuminé en le dénonçant l'univers concentrationnaire soviétique. Cet écrivain de la liberté, au souffle prophétique, dont les cycles romanesques ont charrié le rêve inflexible de l'homme contre les pouvoirs totalitaires qui oppressent, aura su incarner l'âme russe et européenne et cet idéal humaniste qui est à la source de tout universalisme".

Bruno Gollnisch: Pour le délégué général du Front National et député européen, "la mort du grand écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, Prix Nobel de littérature, rappellera du moins son existence à bien des médias occidentaux, qui n'avaient pas attendu cet événement pour l'enterrer. Il a dérangé par sa révélation de l'horreur du communisme dans ses remarquables fresques historiques, ses romans, ses essais."

Voici maintenant la suite de l'article,avec une biographie détaillée de Soljenitsyne,trouvée sur le Monde.


Bien qu'il ait contribué plus que n'importe qui à éveiller l'Occident aux réalités oppressives de l'Union soviétique, Alexandre Soljenitsyne n'était pas un dissident comme les autres. Il ne se considérait d'ailleurs pas comme l'un des leurs. Il leur reprochait de vouloir réformer le communisme alors qu'il souhaitait sa destruction. Pendant les rares années passées en liberté en URSS, il est resté un solitaire, la solitude étant, selon lui, la condition de la production littéraire. Rien n'illustre mieux ses rapports avec la dissidence que ses relations avec Andreï Sakharov. Le zek (prisonnier du goulag) et l'académicien. Difficile d'imaginer deux personnalités plus symboliques et plus opposés. Soljenitsyne représentait la tradition russe. Sakharov l'ouverture aux valeurs universelles des droits de l'homme. Ils se sont croisés au début des années 1970, quand l'écrivain, redevenu un quasi-paria après le court dégel khrouchtchévien, s'était réfugié à Joukovka, dans la banlieue ouest de Moscou, dans la datcha de son ami, le musicien Mstislav Rostropovitch.


Soljenitsyne ne cachait pas son désaccord avec Sakharov, qui défendait une conception moderne de la Russie. Il était étonné de voir le père de la bombe H soviétique, un moment couvert d'honneurs, passer dans le camp des opposants : "L'inventeur de la plus terrible arme de destruction de notre siècle, soumis à l'impérieux mouvement de la conscience mondiale et de la conscience russe, traditionnellement tournée vers la souffrance, sous le poids de nos péchés communs à tous et à chacun d'entre nous, a abandonné le large confort qui lui était assuré et qui perd tant de gens aujourd'hui de par le monde, pour se dresser devant la gueule de la violence toute-puissante." Mais quand il pensait à l'avenir de sa chère Russie, c'est dans le passé qu'il le trouvait. Il avait peur qu'en s'effondrant le communisme provoque autant de ravages qu'en s'imposant, en 1917. Quand il rentre au pays, en 1994, il est convaincu que ses craintes sont justifiées. Il a attendu trois ans après la fin de l'URSS pour revenir, parce qu'il voulait une réhabilitation totale, qui passait par la publication, à Moscou, de toutes ses œuvres. Il a d'abord posé le pied en Extrême-Orient russe, à Magadan, le haut lieu de L'Archipel du goulag. Un témoignage de la douleur et du courage, de la fidélité aux valeurs fondamentales de la paysannerie russe représentante du peuple, qu'il oppose aux "billevesées occidentales" sur les droits de l'homme.

S'il ne voulait être ni un prophète ni un intellectuel de cour, il ne dédaignait pas de prodiguer quelques conseils. Tourner le dos au communisme honni ne signifiait pas, pour lui, adopter le capitalisme à l'occidentale, la propriété privée, le pluralisme et la liberté de la presse, ce "flot insupportable d'informations superflues". Il revendiquait le "droit au silence", celui dans lequel il avait travaillé au camp, en relégation ou en exil aux Etats-Unis.

Son modèle était le zemstvo, les assemblées locales et régionales de la Russie du XIXe siècle, une forme de démocratie directe, proche du peuple, où les décisions étaient prises à main levée par les hommes. Une pyramide d'assemblées devait, selon lui, aboutir à un Parlement national qui aurait aussi compté quelques personnalités choisies pour leur compétence et leur moralité. Le président aurait été élu au suffrage universel direct, sans l'intervention des partis. Soljenitsyne trouvait ses références dans les auteurs slavophiles du XIXe et du début du XXe siècle.

Vladimir Poutine correspondait-il au type de dirigeant soutenu par le peuple ? Les deux hommes avaient eu une conversation privée en 2000. Soljenitsyne s'était montré critique sur la première guerre de Tchétchénie, considérant que la Russie perdait sa substance dans la défense vaine d'un empire coûteux. Il approuva cependant la fermeté du Kremlin dans la deuxième, contre des rebelles musulmans fanatiques, dans lesquels il voyait une menace pour l'orthodoxie. Il était partisan d'une "Union russe" qui aurait regroupé, outre la mère patrie, la Biélorussie, le nord du Kazakhstan, peuplé majoritairement de Russes, et l'Ukraine, qu'il exhortait à ne pas quitter le giron de la Sainte Mère Russie. Il est mort orphelin sans que son plaidoyer pour un retour aux sources ait été vraiment entendu.



Mon avis


Мир ему! Именно большой автор, его воспоминание не погибало никогда!
Traduction:paix à lui!C'était un grand auteur,que son souvenir ne périsse jamais!

# Posté le lundi 04 août 2008 08:41

Modifié le dimanche 10 août 2008 15:28